Le royaume de France médiéval Index du Forum Le royaume de France médiéval
La naissance du royaume de France depuis Hugues Capet, Xè au XVè siècle.
 
 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

L'Inquisition et le catharisme

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Le royaume de France médiéval Index du Forum -> Les croisades contre les Albigeois -> Vie et mort des Cathares -> Les Cathares
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
chevalier du Temple
Membres actifs

Hors ligne

Inscrit le: 29 Fév 2012
Messages: 3 364
Localisation: Haute-Normandie

MessagePosté le: Ven 16 Aoû - 20:49 (2013)    Sujet du message: L'Inquisition et le catharisme Répondre en citant

En France, l'Inquisition mit fin à l'hérésie cathare. La population et la noblesse sont globalement favorables à l'Inquisition qui combat l'hérésie jugée de fléau par la société du Moyen Âge. Les assassinats d'inquisiteurs qui eurent lieu çà et là sont le fait des minorités cathares qui existaient dans le peuple comme dans l'aristocratie. Le massacre le plus célèbre est celui d'Avignonet, aboutissement d'une longue période de contestation de l'Inquisition dans le Midi. Une première crise a lieu à la fin de 1235, quand la population expulse l'inquisiteur dominicain Guillaume Arnaud, puis l'ensemble des dominicains.

De retour en 1236, ceux-ci se retrouvent impuissants face au mutisme de la population, à l'inertie des autorités municipales et au manque de soutien du pape occupé par ailleurs. En 1241, les inquisiteurs partent en tournée; en mai 1242, ils s'installent dans le château d'Avignonet. Le 28 mai 1242, ils y sont assassinés par des chevaliers cathares menés par Pierre-Roger de Mirepoix. Épouvanté par le massacre, le concile de Béziers, tenu en 1243, décide de faire tomber la place forte cathare de Montségur. Lorsque la forteresse se rend en 1244 aux croisés, la volonté de représailles explique la rigueur exceptionnelle de la répression: près de deux cents cathares sont brûlés.

La violence n'est pas l'apanage d'un seul camp. Emmanuel Le Roy Ladurie a montré qu'afin de s'imposer, les Cathares ne reculaient pas devant la terreur: "Pierre Clergue faisait couper la langue d'une ex-camarade. Les Junac, eux, étranglent de leurs blanches mains, ou peu s'en faut, le père de Bernard Marty, suspect de trahison possible à leur égard". Spécialiste des Cathares, Michel Roquebert convient que l'Église médiévale n'aurait pas pu combattre les Cathares avec d'autres moyens que ceux progressivement mis en œuvre, de la persuasion à l'emploi de la force par le bras séculier.

De 1250 à 1257, l'Inquisition parachève son travail dans la région et met fin à l'hérésie cathare: elle remet 21 personnes à la justice civile et en condamne 239 au «mur étroit». Le dernier éclat de violence a lieu dans la cité-État de Sirmione, en Lombardie, accusée en 1273 de cacher un évêque cathare : deux cents de ses habitants sont envoyés au bûcher par les autorités civiles. Un des derniers bûchers pour hérésie est celui de Pierre Autier, brûlé en 1310. Les derniers croyants, comme le berger Peire Maury de Montaillou, seront mis au «mur étroit» en 1318 par l'évêque inquisiteur cistercien Jacques Fournier, futur pape Benoît XII. À Villerouge-Termenès, Bélibaste, qui se revendique comme un des derniers dignitaires des Églises cathares, est brûlé en 1321. Les derniers bûchers sont attestés en 1328 à Carcassonne.

Beaucoup d'évêques n'apprécient guère son irruption dans un champ qui leur était auparavant réservé: les papes émettent à plusieurs reprises des rappels à l'ordre. Ainsi, en 1279, Nicolas III condamne l'évêque de Padoue, coupable de manque de zèle dans sa coopération avec les inquisiteurs. L'attitude de la papauté elle-même est rien moins que constante: dès 1248, par exemple, Innocent IV tente de rétablir une tutelle sur eux, plaçant ceux de la région d'Agen sous le contrôle de l'évêque du diocèse, en 1248. Outrés de cette atteinte à leur liberté d'action, les juges dominicains se démettent. En outre, des rivalités entre les deux ordres mendiants se font jour: en 1266, à Marseille, les dominicains accusent les inquisiteurs franciscains et produisent des témoins qui s'avèrent être parjures. Le pape doit intervenir pour rétablir l'ordre. Au sein des ordres eux-mêmes, enfin, la vie particulière menée par les religieux inquisiteurs ne satisfait pas toujours les hiérarchies : ainsi, les chapitres provinciaux dominicains tentent de faire respecter à leurs inquisiteurs leur vœu de pauvreté, en leur imposant de se déplacer simplement, à pied.

L'Inquisition se heurte également à des oppositions ponctuelles dans la population. Outre les assassinats d'inquisiteurs en terre cathare, il faut mentionner celui de Conrad de Marbourg dès juillet 1233. En Italie, Pierre de Vérone, inquisiteur à Milan, est assassiné le 6 avril 1252. Surnommé «saint Pierre Martyr», il fera l'objet d'une dévotion importante à partir de la Renaissance et deviendra le modèle des inquisiteurs, bien qu'il n'ait occupé ce poste que quelques mois, ce qui témoigne bien de l'appui de la société de l'époque à l'institution de l'Inquisition. Sa canonisation très rapide (en moins d'un an) témoigne du soutien apporté alors par Innocent IV et par la société dans son ensemble à ses inquisiteurs. De même, celui-ci déploie des efforts importants pour traquer tous les coupables et adresse au chapitre général de l'ordre une lettre encourageant les dominicains à poursuivre leur tâche et à ne pas craindre le martyre. Ces massacres, ponctuels mais saisissants pour l'opinion publique, témoignent du climat difficile dans lequel l'Inquisition est amenée à travailler. Ils expliquent également la rigueur des premières procédures. Cependant, l'Inquisition n'aurait pu fonctionner sans le consentement global des populations concernées qui souvent, se réjouissent de la punition des hérétiques. Ainsi, les grands bûchers du Midi de la France ne sont pas l'œuvre de l'Inquisition, mais celle des croisés et autres «pèlerins».

Source: Michel Roquebert-Histoire des Cathares-Perrin-1999  - Richard Kieckhefer, Repression of Heresy in Medieval Germany, 1979 - Emmanuel Le Roy Ladurie - Montaillou village occitan-Gallimard-1975. - Cf. Ralph F. Bennett, The Early Dominicans. Studies in the 13th Century Dominican History, Cambridge. Cité par Dossat (1967). - Antoine Dondaine, « Saint Pierre Martyr », Études, « Archivum Fratrum Prædicatorum » 23 (1953).


Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Ven 16 Aoû - 20:49 (2013)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
emeraude
Membres actifs

Hors ligne

Inscrit le: 27 Juin 2017
Messages: 117
Localisation: dinard

MessagePosté le: Mar 26 Sep - 18:35 (2017)    Sujet du message: L'Inquisition et le catharisme Répondre en citant



Revenir en haut
chevalier du Temple
Membres actifs

Hors ligne

Inscrit le: 29 Fév 2012
Messages: 3 364
Localisation: Haute-Normandie

MessagePosté le: Jeu 12 Oct - 08:23 (2017)    Sujet du message: L'Inquisition et le catharisme Répondre en citant

Merci Emeraude...

Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 18:11 (2017)    Sujet du message: L'Inquisition et le catharisme

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Le royaume de France médiéval Index du Forum -> Les croisades contre les Albigeois -> Vie et mort des Cathares -> Les Cathares Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Portail | Index | Creer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2017 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com
Desing (BlueBoard) by © AlyotiS