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Pierre Cauchon

 
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Jean-Pierre
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MessagePosté le: Mer 17 Sep - 08:36 (2014)    Sujet du message: Pierre Cauchon Répondre en citant



Pierre Cauchon
(né en 1371 à Reims - mort en décembre 1442 à Rouen),
évêque de Beauvais, est surtout connu pour avoir été l'ordonnateur du procès de Jeanne d'Arc à Rouen.


Bien que la famille Cauchon soit attestée, aux XIVe et XVe siècles, comme appartenant à la bourgeoisie de Reims, nous ne savons rien des parents de Pierre.
Adolescent, il s'engage dans de longues études qui le destinent à une carrière ecclésiastique mais qui le contraignent à quitter Reims. Son arrivée à Paris, capitale intellectuelle du royaume, est incertaine (en 1385, à l’âge de 14 ans ) À l'Université, il suit brillamment les cours de la faculté des arts (grammaire, rhétorique, dialectique, arithmétique, géométrie, musique, astronomie) puis étudie le droit canonique et la théologie. Ses pairs l’élisent à 26 ans recteur.
Le mandat, de courte durée, confère un pouvoir juridictionnel sur les affaires de l'Université et des étudiants, échappant au contrôle du prévôt du roi, depuis une charte signée par Philippe Auguste en 1200. Pierre est réélu au moins deux fois à cette fonction, preuve de la considération dont il bénéficiait au sein de l’Université. Maître ès arts, licencié en droit canonique, il intègre en 1398 la faculté de théologie mais n’obtient probablement pas le titre de docteur, grade universitaire le plus élevé.

En 1404, Pierre Cauchon, ayant reçu les ordres mineurs, puis la tonsure et la prêtrise, cherche une situation stable et rémunératrice. Bien qu'ayant obtenu les revenus de la cure d'Égliselles, il essaie également de se faire octroyer une prébende auprès du chapitre de Reims, et défend la cause de l'université de Paris lors d'une querelle qui l'oppose à celle de Toulouse. Mais, à l'exemple d'autres ecclésiastiques, il sait que c'est en s'attirant les faveurs d'un prince ou d'un puissant qu'il pourra mener une carrière prestigieuse.

Il ne peut s'agir du roi, Charles VI de France, fou, ou plutôt atteint de crises maniaco-dépressives, qui gouverne sous la tutelle de ses oncles. D'ailleurs, le train fastueux de la cour, entretenu par la reine Isabeau de Bavière et l'entourage royal, est l'objet de vives critiques, de la part du peuple mais également de l'université. Le cotuteur du roi, le duc de Berry, n'est pas non plus fait pour attirer l’étudiant. Très dispendieux, attiré surtout par l'art, le commanditaire des Très Riches Heures est un personnage sage mais dont la puissance politique décline. Quant à Louis d'Orléans, frère du roi, sa politique belliqueuse vis-à-vis de l’Angleterre, son train de vie et sa conduite légère (ne serait-il pas l’amant de la reine ?) le rendent impopulaire auprès de l’université de Paris. Il reste Jean sans Peur, duc de Bourgogne, qui par son opposition à la politique d’Orléans, sait s’attirer le soutien des clercs parisiens.

Du côté de l'Église, la situation n'est pas meilleure qu'au royaume de France. Le Grand Schisme d'Occident offre à Pierre Cauchon une occasion de service.
En 1407, il est missionné par le roi, en compagnie des plus hauts dignitaires ecclésiastiques, pour tenter de réconcilier les deux papes rivaux Benoît XIII et Grégoire XII. Cette expédition est un échec, mais élève Pierre Cauchon au rang d'arbitre, de négociateur au plus haut niveau.

De retour de cette inutile ambassade, il trouve à Paris un climat troublé par l'assassinat du duc d'Orléans, commandité par Jean sans Peur, qui s'exile un temps dans ses terres. Cependant, l'impopularité de la victime, qui avait cristallisé les griefs faits à la cour, incite nombre de personnes, dont les théologiens et Pierre Cauchon, à manœuvrer pour obtenir la réhabilitation du duc de Bourgogne et même la justification de ce meurtre. À cette époque, l'université est en effet particulièrement remontée contre le roi, son prévôt Tignonville ayant fait pendre deux clercs qui ne dépendaient pas de sa juridiction.

Afin de récupérer des fonds destinés à la guerre contre les Anglais, les États généraux s'ouvrent en 1413. Les Bourguignons, alliés des clercs et des docteurs de l'université, réclament la réforme du royaume. Une commission est formée, chargée d’enquêter sur les abus de l’administration. Pierre Cauchon en fait naturellement partie.
Au printemps de la même année éclate l'insurrection cabochienne, plus ou moins sous l'impulsion démagogique de Jean sans Peur. Après les excès de la fureur populaire, les bouchers sont finalement lâchés par la bourgeoisie et les princes, notamment.
Les Armagnacs débarquent à Paris pour y remettre de l'ordre. Jean sans Peur quitte la capitale en août, avant que le roi ne rende justice et revienne sur des décisions prises sous la pression des insurgés (voir guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons).
Le 1er mai 1414, Pierre Cauchon est accusé, par ordonnance royale, des pires méfaits, mais il a déjà fui en direction de la Bourgogne.

Il fait partie de l’ambassade que le duc de Bourgogne envoie au concile de Constance en 1415. Avec ses collègues bourguignons, il y appuie l'élection de Martin V pour mettre fin au schisme. Ce dernier est finalement élu le 11 novembre 1417.

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Otto von Bismarck.


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Jean-Pierre
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MessagePosté le: Mer 17 Sep - 08:41 (2014)    Sujet du message: Pierre Cauchon Répondre en citant

En 1418, Paris abandonne les Armagnacs pour les Bourguignons.
Jean Sans Peur peut retrouver sa place auprès du roi de France toujours aussi malade mentalement. En tant que partisan du duc, Pierre Cauchon est par la même occasion réhabilité. La protection ducale lui permet d’être nommé maître des requêtes et conseiller du roi pendant que l'Université presse le pape de lui octroyer d'autres bénéfices. Compréhensif, le nouveau souverain pontife sait se montrer reconnaissant envers celui qui l'a aidé à accéder à sa charge.
Dorénavant, Cauchon se retrouve archidiacre de Chartres et de Chalons, chanoine de Reims et de Beauvais, chapelain du duc de Bourgogne et référendaire du pape, ce qui en cumul lui assure un revenu annuel d'environ deux mille livres.

Un nouveau drame se joue, dont il sait une nouvelle fois profiter. Les Bourguignons, inquiets de voir la progression des Anglais, qui se sont déjà emparés de la Normandie et notamment de Rouen, décident de traiter avec le dauphin Charles. Lors d'une entrevue sur le pont de Montereau, le 10 septembre 1419, Jean sans Peur est assassiné par Tanneguy du Châtel, conseiller de Charles.
Les Bourguignons accusent le dauphin d’avoir commandité le meurtre. Cela ressemble en effet à une vengeance de l'assassinat de Louis d'Orléans douze ans plus tôt. Pierre Cauchon perd ainsi son protecteur, et ne voit pas vraiment de remplaçant dans la personne de l'héritier du duché de Bourgogne, Philippe III.

L’assassinat de Jean sans Peur pousse les Bourguignons à se rapprocher des Anglais. Pierre Cauchon participe aux pourparlers6 qui aboutissent au traité de Troyes signé le 21 mai 1420 : le dauphin Charles est déshérité au profit du roi d’Angleterre Henri V qui doit devenir roi de France, une fois Charles VI décédé.

Le 30 août 1420, le pape Martin V nomme Pierre Cauchon évêque de Beauvais après les vives recommandations de l’Université de Paris, du duc de Bourgogne, des rois Henri et Charles, autant de personnages ou d’institutions auxquels il a rendu de multiples services. À près de cinquante ans, c’est le couronnement de sa carrière ecclésiastique7. Mais ce n’est que le 12 janvier 1421 qu’il prend physiquement possession de son diocèse. Grand privilège, le duc de Bourgogne Philippe le Bon l’accompagne lors de son entrée dans la ville.
De 1421 à 1429, date de son départ forcé, l’évêque réside peu à Beauvais. Les affaires du royaume l’appellent le plus souvent à Paris et à Rouen. Pendant son épiscopat, il se heurte avec la municipalité qui lève une taille pour la réparation des fortifications. En tant que comte-évêque de Beauvais, Pierre Cauchon lui conteste ce droit.

Au service du roi d’Angleterre.


En dépit de la signature du traité de Troyes, une partie de la France refuse de se soumettre au roi d’Angleterre. Henri V est contraint de mener campagne dans l’est du Bassin Parisien. C’est à l’occasion de la capitulation de Meaux que les sources nous apprennent que Pierre Cauchon est devenu conseiller du roi d’Angleterre (4 juin 1422).
La même année, Henri V et Charles VI meurent. Le trône revient au fils du roi d’Angleterre, Henri VI, qui, à cause de son extrême jeunesse (il a 10 mois), ne peut gouverner. Heureusement pour Pierre Cauchon, il sait trouver auprès du duc de Bedford, régent du royaume de France pour le compte d’Henri VI, un nouveau protecteur.
Dès 1422, l’évêque de Beauvais joue officieusement le rôle de « conseiller ecclésiastique ». On le voit donc participer au concile de Sienne dont le but est de régler la collation des bénéfices majeurs (abbatiat, évêchés). Il est également chargé d’accélérer le prélèvement des décimes (impôt sur le clergé) en Normandie.

Le 25 mai 1429, il se trouve à Reims mais n’y est plus le 17 juillet, quand Charles VII y est sacré grâce à la marche menée par Jeanne d'Arc.
En août, l’évêque est dans la capitale de son diocèse mais les Beauvaisiens se rallient peu de temps après au dauphin. Malgré ce ralliement précédé et suivi par tant d’autres, Pierre Cauchon n’abandonne pas le parti anglais. Il quitte Beauvais pour se rendre à Rouen, siège du gouvernement anglais de la France et où le chapitre de chanoines lui a donné le pouvoir de s'y installer, le siège de l'archevêché étant alors vacant et une juridiction d'exception pouvant se mettre en place.
Le duc de Bedford, soucieux d'opposer à l'image de Jeanne d'Arc celle d'Henri VI, âgé maintenant de huit ans, décide de ramener le jeune prétendant de Londres à Rouen. Pierre Cauchon fait partie du voyage, en compagnie d'autres conseillers ecclésiastiques. C'est quelques mois après leur retour qu'ils apprennent la nouvelle : le 23 mai 1430, Jeanne a été faite prisonnière à proximité de Compiègne. Elle est détenue par les Bourguignons au donjon de Beaulieu, à proximité de Saint-Quentin.

Dans les tractations qui s'engagent pour récupérer la Pucelle d'Orléans, Cauchon joue un rôle de premier plan.
L’Université et les représentants de l'Inquisition à Paris réclament de la juger mais les Anglais mandatent l’évêque de Beauvais pour négocier la rançon. Du point de vue légal, il possède un argument de poids : Jeanne a été capturée au sortir de Compiègne, sur un territoire dépendant du diocèse de Beauvais, et donc de sa juridiction.
En août 1430, les Anglais obtiennent des États de Normandie une aide financière sur laquelle est prélevée la rançon. Alors que Charles VII ne réagit pas, les Bourguignons la remettent à ses ennemis contre le versement de 10 000 livres.
Le 3 janvier 1431, par lettre royale, les Anglais abandonnent Jeanne à la justice ecclésiastique et plus précisément à Pierre Cauchon.

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Jean-Pierre
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MessagePosté le: Mer 17 Sep - 08:45 (2014)    Sujet du message: Pierre Cauchon Répondre en citant

Le lendemain du supplice de Jeanne d'Arc, il officie à la cathédrale de Rouen.
En juillet 1431, il participe aux assises de l'Échiquier de Normandie. Le 16 décembre 1431, il a l'honneur d'accompagner le cardinal de Winchester pour sacrer le jeune roi Henri VI à Notre-Dame de Paris. Sa place est d’autant plus naturelle qu’en tant qu’évêque de Beauvais, il est l’un des pairs ecclésiastiques.

Cauchon ne peut espérer retourner à Beauvais, tenue par les Armagnacs à la solde de Charles VII. Coupé de son diocèse, il n'en perçoit plus les revenus, même s'il lui reste une rente de mille livres en tant que conseiller du roi. Il se montre probablement intéressé par la place vacante à l'archevêché de Rouen. Cependant, le chapitre rouennais ne lui accorde pas la charge. Il obtient finalement en 1432 du pape Eugène IV l'évêché de Lisieux, ville tenue depuis une vingtaine d'années par les Anglais, tout en continuant ses missions pour le service du roi. C'est un évêché secondaire, mais le siège présente toutefois quelques avantages : l’évêque est de droit comte de la ville et le diocèse possède une exemption dans Rouen même. Malgré son absentéisme, Pierre Cauchon entend marquer son passage par une grande œuvre architecturale. À l'extrémité de la cathédrale Saint-Pierre de Lisieux, il finance sur ses fonds personnels la reconstruction de la chapelle Notre-Dame.

En août 1433, il représente les Anglais à l'entrevue manquée de Calais pour négocier la libération de Charles, duc d'Orléans, fait prisonnier à la bataille d'Azincourt, 18 ans auparavant.

En août 1434, il est envoyé comme ambassadeur au Concile de Bâle. À peine revenu, il est propulsé négociateur à Arras, fief des Bourguignons, qui reçoivent des délégations françaises et anglaises afin de négocier l'arrêt d'une guerre qui épuise ses protagonistes. Devant les prétentions françaises, les Anglais claquent la porte, laissant Français et Bourguignons se réconcilier (1435).

Dans les premiers mois de 1436, quatre évêques, dont Pierre Cauchon, sont chargés de gouverner Paris au nom d’Henri VI.
Quand les Parisiens ouvrent leurs portes au connétable de Richemont pour le compte de Charles VII, en avril 1436, Pierre Cauchon est contraint de fuir, non sans s’être acquitté d’une forte somme d’argent.
Après avoir été lâché par les Bourguignons, Henri VI perd donc la capitale du royaume de France. Pour autant, malgré ses échecs, Pierre Cauchon reste fidèle au camp anglais.
Il traverse plusieurs fois la Manche et séjourne à la cour d’Angleterre. Le roi le charge de négocier avec Charles VII de 1438 à 1440. Sans succès.

Âgé de 71 ans, Pierre Cauchon décède le 18 décembre 1442 à Rouen.
Lors du procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc en 1456, Guillaume Colles précise que l’évêque est mort subitement pendant qu’on lui faisait la barbe.

Pierre Cauchon a droit a des funérailles rouennaises, puis son corps est transporté à Lisieux où il est inhumé dans la cathédrale Saint-Pierre, dans la chapelle axiale du chœur, qu'il fit construire et où il repose toujours.

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Cathy
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MessagePosté le: Mer 17 Sep - 09:40 (2014)    Sujet du message: Pierre Cauchon Répondre en citant

C'est édifiant, il n'aurai jamais être pair de France. Il n' pas servi le Royaume de France ni le Royaume de Dieu dans son église et malgré tout enterré avec les honneurs...!!!
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