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Le massacre de la Saint-Barthélemy .

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Le royaume de France médiéval Index du Forum -> Les Guerres de Religion dans le Royaume de France. -> Guerres de Religion dans le Royaume de France. -> Quatrième guerre de Religion (1572-1573)
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Jean-Pierre
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MessagePosté le: Lun 10 Oct - 15:49 (2016)    Sujet du message: Le massacre de la Saint-Barthélemy . Répondre en citant




Le massacre de la Saint-Barthélemy est le massacre de protestants déclenché à Paris, le 24 août 1572, jour de la Saint-Barthélemy, prolongé pendant plusieurs jours dans la capitale, puis étendu à plus d'une vingtaine de villes de province durant les semaines suivantes.
Cet épisode tragique des guerres de religion résulte d'un enchevêtrement complexe de facteurs, aussi bien religieux et politiques que sociaux. Il est la conséquence des déchirements militaires et civils de la noblesse française entre catholiques et protestants, notamment de la vendetta entre le clan des Guise et celui des Châtillon-Montmorency.
Il est le résultat d'une sauvage réaction populaire, ultra-catholique et hostile à la politique royale d'apaisement. Il reflète également les tensions internationales entre les royaumes de France et d'Espagne, avivées par l'insurrection aux Pays-Bas.
Pendant longtemps, la tradition historiographique a fait du roi Charles IX et de sa mère, Catherine de Médicis, les principaux responsables du massacre. Faute de sources, les historiens sont restés longtemps partagés sur le rôle exact de la couronne. Ils retiennent aujourd'hui que seuls les chefs militaires du clan protestant étaient visés par l'ordre royal.
Dès le matin du 24 août, Charles IX avait ordonné l'arrêt immédiat des tueries mais, dépassé par le zèle et la fureur du peuple, il n'avait pu les empêcher.
Le massacre de la Saint-Barthélemy, le 24 août 1572, est la conséquence d'une série d'événements :
- la paix de Saint-Germain-en-Laye qui met fin à la troisième guerre de religion, le 8 août 1570 ;
- le mariage entre Henri III, roi de Navarre (futur Henri IV, roi de France) et Marguerite de France, le 18 août 1572 ;
- la tentative d'assassinat de l'amiral de Coligny, le 22 août 1572.

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MessagePosté le: Lun 10 Oct - 15:49 (2016)    Sujet du message: Publicité

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Jean-Pierre
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MessagePosté le: Lun 10 Oct - 15:57 (2016)    Sujet du message: Le massacre de la Saint-Barthélemy . Répondre en citant





Une paix et un mariage impopulaires.
 

La paix de Saint-Germain met fin à trois années de terribles guerres civiles entre catholiques et protestants.
Cette paix est précaire car les catholiques les plus intransigeants ne l'acceptent pas. Le retour des protestants à la cour de France les choque, mais la reine-mère Catherine de Médicis et son fils le roi Charles IX sont décidés à ne pas laisser la guerre reprendre. Conscients des difficultés financières du royaume, ils défendent la paix et laissent Gaspard de Coligny, le chef des protestants, revenir dans le conseil royal.
Pour concrétiser la paix entre les deux partis religieux, Catherine de Médicis projette de marier sa fille Marguerite de Valois avec le prince protestant Henri de Navarre, futur Henri IV. Le mariage princier est initialement prévu pour le mois de mai 1572 mais est repoussé au 18 août 1572, suite au décès de Jeanne d'Albret, mère d'Henri de Navarre. Il n'est accepté ni par les catholiques intransigeants, ni par le pape qui demande la conversion du fiancé, refusant ainsi d'envoyer la dispense de consanguinité. Celui-ci et le roi d'Espagne, Philippe II, condamnent vigoureusement la politique de la reine-mère.
Le mariage est célébré le 18 août 1572, occasion de festivités grandioses auxquelles sont conviés tous les grands du royaume, y compris les protestants, dans un esprit de concorde et de réconciliation. Le mariage occasionne la présence à Paris d'un très grand nombre de gentilshommes protestants venus escorter leur prince. Or, Paris est une ville farouchement anti-huguenote. Les Parisiens, catholiques à l'extrême, n'acceptent pas leur présence.
Du fait du martèlement des prédicateurs, capucins et dominicains au premier chef, le mariage d'une princesse de France avec un protestant leur est en horreur. Le peuple parisien est très mécontent. En outre, les récoltes ont été mauvaises. Les hausses des prix et le luxe déployé à l'occasion des noces royales accentuent la colère du peuple.
La cour est elle-même très tendue. Catherine de Médicis n'a pas obtenu l'accord du pape pour célébrer ce mariage exceptionnel. Par conséquent, les prélats français hésitent sur l'attitude à adopter. Il faut toute l'habileté de la reine-mère pour convaincre le cardinal de Bourbon d’unir les époux.
Par ailleurs, les rivalités entre les grandes familles réapparaissent. Les Guise ne sont pas prêts à laisser la place aux Montmorency. François, duc de Montmorency et gouverneur de Paris, ne parvient pas à contrôler les troubles urbains. Cédant face au danger parisien, il préfère quitter la ville quelques jours après le mariage.

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serge gustave
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MessagePosté le: Lun 10 Oct - 17:07 (2016)    Sujet du message: Le massacre de la Saint-Barthélemy . Répondre en citant


 Messire Jean-Pierre  Merci 
pour toutes vos superbes publications


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Jean-Pierre
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MessagePosté le: Mar 11 Oct - 07:38 (2016)    Sujet du message: Le massacre de la Saint-Barthélemy . Répondre en citant

La suite sans doute cet après-midi.
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Liliane
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MessagePosté le: Mar 11 Oct - 10:32 (2016)    Sujet du message: Le massacre de la Saint-Barthélemy . Répondre en citant

Combien de victimes : les historiens les plus pessimistes estiment leur nombre à 30 000.
Un nombre considérable à l’échelle de la France du XVIème siècle.... C'est accablant.
Merci Monseigneur, j'attend la suite.

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Jean-Pierre
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MessagePosté le: Jeu 13 Oct - 08:25 (2016)    Sujet du message: Le massacre de la Saint-Barthélemy . Répondre en citant



La tentative d'assassinat de Coligny.

Le 22 août 1572, un attentat à l'arquebuse, attribué à un certain Maurevert, est perpétré contre Gaspard de Coligny à sa sortie du Louvre, alors qu'il se dirige vers son hôtel, rue de Béthisy.
L'Amiral s’en tire avec l'index de la main droite arraché et le bras gauche labouré par une balle qui y reste. Les soupçons s’orientent très vite vers des proches des Guise et on désigne (probablement à tort) la complicité de la reine-mère, Catherine de Médicis. Pourquoi cet attentat ? Peut-être pour saboter le processus de paix. Mais les plus exaltés y voient une punition divine. Si aujourd'hui, il est impossible de connaître l'instigateur de cet attentat, l'historiographie a retenu trois noms :
Les Guise : ce sont les suspects les plus probables. Meneurs du parti catholique, ils veulent venger la mort du duc François de Guise, assassiné dix ans auparavant, sur l'ordre de Coligny, selon eux. Le coup de feu tiré sur l'amiral est tiré depuis une maison appartenant à un de leurs familiers.
Le cardinal de Lorraine et le duc d'Aumale et la duchesse douairière de Guise Antoinette de Bourbon-Vendôme sont les membres de la famille les plus déterminés. Néanmoins, certains historiens pensent que les Guise étaient beaucoup trop soucieux de revenir en grâce auprès du roi pour commettre l'imprudence de l'irriter contre eux.
Le duc d'Albe, gouverneur des Pays-Bas au nom du roi d'Espagne Philippe II : Coligny projette d'intervenir militairement aux Pays-Bas pour les libérer du joug espagnol, suivant l'alliance qu'il avait contractée avec la Maison de Nassau.
Au mois de juin, il a envoyé plusieurs troupes clandestines au secours des protestants de Mons, assiégés par le duc d'Albe. À la suite du mariage d'Henri de Navarre et de Marguerite de Valois, Coligny espère profiter de la réconciliation pour déclencher la guerre contre l'Espagne afin de renforcer l'union entre catholiques et protestants français. Aux yeux des Espagnols, l'amiral représente donc une menace. Toutefois, la correspondance de don Diego de Zuñiga, ambassadeur espagnol en France, du duc d'Albe ou de Philippe II ne permet pas de prouver l'implication de la couronne espagnole dans l'attentat contre le chef huguenot. Au contraire, Don Diego de Zuñiga juge dans ses dépêches que la présence de l'amiral aux côtés de Charles IX constitue plutôt un frein à la guerre ouverte aux Pays-Bas : selon l'ambassadeur, la couronne française ne « jetterait pas le masque » et continuerait à pratiquer une guerre « couverte » contre l'Espagne afin de ne pas renforcer inconsidérément l'influence de Coligny en le plaçant officiellement à la tête de troupes royales.
Catherine de Médicis : selon la tradition, Coligny aurait acquis trop d'influence sur le jeune roi. Charles IX en aurait fait son favori en l'appelant familièrement « mon père ». Inévitablement, la reine mère en aurait conçu de la « jalousie » ainsi qu'une vive crainte de voir son fils entraîner le royaume dans une guerre aux Pays-Bas contre la puissance espagnole, conformément aux conseils politiques de l'amiral. Cependant, la plupart des historiens contemporains trouvent difficile de croire en la culpabilité de Catherine de Médicis au vu de ses efforts accomplis pour la paix intérieure et la tranquillité de l'État.
Par ailleurs, il n'est pas prouvé que Coligny exerça une influence décisive sur Charles IX.
Enfin, il reste l'hypothèse d'un acte isolé, commandité – voire commis en personne – par un personnage relativement peu important, proche du milieu guisard et pro-espagnol. Le nom de Charles de Louviers, seigneur de Maurevert, est le plus fréquemment avancé à l'époque pour désigner l'auteur de l'arquebusade visant l'amiral.

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Jean-Pierre
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MessagePosté le: Jeu 13 Oct - 09:11 (2016)    Sujet du message: Le massacre de la Saint-Barthélemy . Répondre en citant


La première Saint-Barthélemy.

Peu de temps après cette décision, les autorités municipales de Paris furent convoquées. Il leur fut ordonné de fermer les portes de la ville et d'armer les bourgeois afin de prévenir toute tentative de soulèvement. Le commandement des opérations militaires fut confié au duc de Guise et à son oncle le duc d'Aumale.
Ils ont l'appui des princes connus pour leur intransigeance au sein du cercle royal ; le duc de Nevers, le duc de Montpensier et le bâtard d'Angoulême.
Faute de concordance des sources, il n'est pas possible aujourd'hui pour les historiens de déterminer la chronologie des opérations.
Le moment exact où commença la tuerie demeure incertain.
Le « commando » du duc de Guise fut mené rue de Béthisy, au logis de l'amiral de Coligny, qui fut tiré de son lit, achevé et défenestré.
Les nobles protestants logés au Louvre furent évacués du palais puis massacrés dans les rues avoisinantes (on comptait parmi eux Pardaillan, Saint-Martin, Sources, Armand de Clermont de Piles, Saint-Jean-d'Angely, Beaudiné, Puy Viaud, Berny, Quellenec, baron du Pons). Leurs corps rassemblés devant le palais furent dénudés, traînés dans les rues puis jetés dans la Seine.
Les troupes de Guise s'attaquèrent ensuite aux chefs protestants logés dans le faubourg Saint-Germain (qui était à cette époque encore en dehors de la ville).
Le contretemps apporté par la fermeture des portes de la ville et la disparition de ses clefs permit aux protestants d'organiser une riposte et de s'enfuir (comme Caumont ou Montgomery).

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Liliane
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MessagePosté le: Jeu 13 Oct - 13:44 (2016)    Sujet du message: Le massacre de la Saint-Barthélemy . Répondre en citant


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Jean-Pierre
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MessagePosté le: Jeu 13 Oct - 15:43 (2016)    Sujet du message: Le massacre de la Saint-Barthélemy . Répondre en citant



Renée de France.


La seconde Saint-Barthélemy.

Le « troisième acte » débute au cours de la nuit : les assassinats de chefs protestants se transforment en massacre généralisé de tous les protestants, sans considération d'âge, de sexe ou de rang social.
Alertés par le bruit et l'agitation de l'opération militaire, les Parisiens les plus exaltés se laissent emporter par la peur et la violence. Ils attribuent à tort le trouble nocturne aux protestants et se mettent à les poursuivre, pensant agir pour la défense de leur ville. Ce serait pour cette raison que le tocsin aurait sonné à la cloche de l'église Saint-Germain-l' Auxerrois, proche du Louvre, tocsin rapidement repris par d'autres clochers de la ville.
La tuerie dure plusieurs jours, malgré les tentatives du roi pour la faire arrêter. Enfermés dans une ville quadrillée par la milice bourgeoise, les protestants ont peu de chance de s'en sortir. Leurs maisons sont pillées et leurs cadavres dénudés et jetés dans la Seine. Certains parviennent à se réfugier chez des proches mais les maisons des catholiques tenus en suspicion sont également fouillées.
Ceux qui manifestent leur hostilité au massacre prennent le risque de se faire assassiner. Le massacre touche également les étrangers, notamment les Italiens.
La floraison inopinée d'une aubépine dans le cimetière des Innocents au matin du 24 août perçue comme un signe divin renforce la conviction du peuple du bien-fondé de l'épuration.
Le cadavre de Coligny, retrouvé par la foule, est émasculé, plongé dans la Seine, où il pourrit trois jours avant d’être pendu au gibet de Montfaucon.
Dès le matin du 24 août 1572, le roi ordonna en vain l’arrêt du massacre. Il prit différentes mesures pour rétablir l'ordre et tenter vainement de protéger la vie des gens menacés.
Le roi envoya notamment le duc de Guise et le duc de Nevers protéger les protestants bénéficiant d’un statut ou d’un rang particulier. C’est le cas de l’hôtel de l’ambassadeur d’Angleterre Francis Walsingham où des protestants avaient trouvé refuge et que les Parisiens exaltés étaient en train d’assiéger.
D’autres personnes avaient trouvé refuge à l’hôtel de Guise et à l'hôtel de Nemours, où la tante protestante du roi, Renée de France, s’était réfugiée avec une partie de sa maison. Les familiers de la famille royale comme les Crussol, Antoine et Louise, furent protégés et les princes et les princesses de sang trouvèrent un abri sûr derrière les murs du Louvre.
Le 26 août, le roi tint un lit de justice où il endossa la responsabilité de l'exécution des chefs de guerre protestants.

Averties par des témoins, des courriers de commerçants, encouragées par des agitateurs comme le comte de Montsoreau dans le val de Loire, les villes de province déclenchèrent leurs propres massacres.
Le 25 août, la tuerie atteint Orléans (où elle aurait fait un millier de victimes) et Meaux ; le 26, La Charité-sur-Loire ; le 28 et 29, à Angers et Saumur ; le 31 août, à Lyon ; le 11 septembre, à Bourges ; le 3 octobre, à Bordeaux ; le 4 octobre à Troyes, Rouen, Toulouse ; le 5 octobre, à Albi, Gaillac ; Bourges, Romans, Valence, et Orange furent aussi touchées. On manque de sources pour reconstituer la violence dans d'autres villes.
La réaction des autorités est variable : parfois elles encouragent les massacres, comme à Meaux, où c’est le procureur du roi qui en donne le signal, ou encore à Bordeaux (le gouverneur Montferrand y participe), Toulouse (le vicomte de Joyeuse, gouverneur, y est très favorable). Assez souvent, elles tentent de protéger les huguenots, en les mettant en prison (au Mans, à Tours). Cela ne marche pas toujours, et les prisons sont forcées et les protestants y sont massacrés (comme à Lyon, Rouen, Albi). Les gouverneurs militaires contredisent ceux qui prétendent que le roi ordonne et approuve les massacres (ce qui ne suffit pas toujours à les empêcher).
Au total, le nombre de morts est estimé à 3 000 à Paris, et de 5 000 à 10 000 dans toute la France, voire 30 000.

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Jean-Pierre
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MessagePosté le: Jeu 13 Oct - 15:48 (2016)    Sujet du message: Le massacre de la Saint-Barthélemy . Répondre en citant



Les réactions en Europe sont le fruit de la version des faits donnée par Charles IX.
Dès le 24 août Charles IX expédie en province et à l'étranger des déclarations présentant « la grande et lamentable sédition » comme une vendetta entre les deux familles Guise et Châtillon.
Le 25, de nouveaux messagers partent avec une nouvelle explication : un complot protestant dirigé contre lui. Cette thèse est reprise le 26 devant le parlement de Paris où au cours d'un lit de justice, le roi déclare que « ce qui est ainsi advenu a été son exprès commandement […] pour obvier et prévenir l'exécution d'une malheureuse conspiration faite par ledit amiral et sesdits adhérents et complices ».
Cette déclaration encore confirmée le 27 devient la version officielle des événements, celle qui se répercute en Europe.
Le pape Grégoire XIII déclare prendre part à la joie de savoir le roi réchappé du complot et fait chanter un Te Deum en remerciement à Dieu. Une médaille à l'effigie du souverain pontife fut frappée afin de célébrer l'événement. Il commanda également au peintre Vasari une série de fresques.
Philippe II d'Espagne fit part de sa satisfaction et aurait déclaré : « C'est le plus beau jour de ma vie ». Élisabeth Ire d'Angleterre prit le deuil et fit faire le pied de grue à l'ambassadeur français avant de paraître accepter, pour raisons diplomatiques, la thèse du complot huguenot et du « massacre préventif ». En mémoire de ce massacre, les Genevois firent maigre et jeûnèrent, ce qui était courant en ces temps difficiles.

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Jean-Pierre
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MessagePosté le: Jeu 13 Oct - 15:52 (2016)    Sujet du message: Le massacre de la Saint-Barthélemy . Répondre en citant

Le massacre de la Saint-Barthélemy entraîne un changement complet de la question religieuse en France.
Sous la pression des catholiques intransigeants et probablement dans l'espoir de rétablir plus vite qu'ils ne l'auraient cru l'unité de la foi, Charles IX et Catherine de Médicis décident de modérer radicalement la politique de conciliation menée à l'égard des protestants. Parmi les nombreuses mesures discriminatoires prises dans les mois qui suivirent le massacre, ils font interdire l'exercice de leur culte. L'édit de Saint-Germain est annulé.
Si les protestants gardent la liberté de conscience, le roi encourage vivement les conversions. Le roi et sa mère cherchent à obtenir celles de leurs proches et avec leur appui le cardinal de Bourbon obtient celles de ses neveux et nièces, princes et princesses de sang. Le roi Henri III de Navarre, beau-frère du roi, abjure ainsi le protestantisme le 26 septembre.
Le prince et la princesse de Condé sont remariés selon le rite catholique le 4 décembre à Saint-Germain-des-Prés. Durant le mois de novembre, les gouverneurs reçoivent également l'ordre de rassembler les gentilshommes protestants et de les persuader à se convertir. Le duc de Guise parvient ainsi à éradiquer le protestantisme dans son gouvernement de Champagne. Mais, dans la plupart des cas, ce sont des conversions forcées qui ont lieu dans le royaume. À Rouen, 3 000 protestants abjurent. Sous la pression et les menaces, les communautés protestantes s'essoufflent et se dissolvent dans les lieux où elles sont minoritaires. En revanche, les communautés de la moitié sud de la France, beaucoup plus importantes, parviennent plus facilement à résister.
Jusqu'à la fin de l'année 1572, les exactions entraînèrent une très forte hausse des réfugiés. Beaucoup se réfugièrent à Genève, qui prit le surnom de « cité du refuge ».
En effet, au lendemain de ces évènements, la ville accueillait dix à vingt réfugiés par jour.
À l'issue du massacre, Charles IX décide également de sacrifier les chefs protestants partis à la rescousse de Mons.
Après la capitulation de la ville, le 19 septembre, les Français (600 à 800 hommes) obtiennent du duc d'Albe la concession de rentrer en France mais ils sont éliminés une fois passée la frontière. Le parti huguenot est désormais privé de ses chefs militaires, hormis quelques-uns protégés par le roi comme Acier, La Noue et Sénarpont. Le roi espère maintenant rétablir son autorité sur tout le royaume. Il entreprend des négociations avec la ville de La Rochelle qui fait figure de capitale pour les protestants. L'échec de ces pourparlers débouche sur la quatrième guerre de religion.
Au niveau politique, les évènements de la Saint-Barthélemy entraînent une remise en cause profonde de la nature du pouvoir royal. Les monarchomaques pensent que le pouvoir du roi doit être limité (notamment par la tenue régulière des états généraux). La réflexion naît chez les protestants à l'issue du massacre et se diffuse dans le courant de l'année 1573 chez les catholiques modérés hostiles à la puissance autoritaire de la monarchie. Elle débouche sur la mise en place des Provinces de l'Union et sur la conjuration des Malcontents (1574).

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Cathy
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MessagePosté le: Sam 15 Oct - 08:40 (2016)    Sujet du message: Le massacre de la Saint-Barthélemy . Répondre en citant

Quel épouvantable évènement.
Certains aspects politiques et sociaux portent déjà les germes de la révolution.

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MessagePosté le: Dim 16 Oct - 12:53 (2016)    Sujet du message: Le massacre de la Saint-Barthélemy . Répondre en citant

Cathy a écrit:
Quel épouvantable évènement.
Certains aspects politiques et sociaux portent déjà les germes de la révolution.


J'adhère complément à votre analyse dame Cathy.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 23:26 (2016)    Sujet du message: Le massacre de la Saint-Barthélemy .

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