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Contexte politique.

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Le royaume de France médiéval Index du Forum -> Les Guerres de Religion dans le Royaume de France. -> Guerres de Religion dans le Royaume de France. -> Rébellions huguenotes.
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Jean-Pierre
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MessagePosté le: Jeu 27 Oct - 19:55 (2016)    Sujet du message: Contexte politique. Répondre en citant



Les rébellions huguenotes, également appelées les Guerres de M. de Rohan, du nom du duc Henri II de Rohan, sont une succession de soulèvements populaires des populations protestantes de France contre la répression organisée par le roi Louis XIII.
Ces rébellions huguenotes s'étalent de 1621 à 1629.

L'assassinat du roi Henri IV met un terme à la paix civile et la tolérance qui règne dans le Royaume de France entre Catholiques et Protestants depuis la fin des Guerres de religion en 1598.
Le duc Henri II de Rohan devient plus ou moins malgré lui le chef de la résistance protestante.
Écarté de la cour par la régente, Marie de Médicis, il devient peu à peu l'un des chefs du parti protestant qui est contraint de se regrouper. Il conseille la reine pour combattre la révolte de Henri II de Bourbon, prince de Condé, lequel veut empêcher le mariage de Louis XIII avec Anne d'Autriche.
Face aux intrigues de la régence de Marie de Médicis, beaucoup plus favorable que son époux au parti dévot, puis surtout face à la volonté de Louis XIII d'abattre le parti protestant, le duc de Rohan est en permanence déchiré entre la fidélité à la cause protestante et le service au roi de France.

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MessagePosté le: Jeu 27 Oct - 20:07 (2016)    Sujet du message: Contexte politique. Répondre en citant

Première rébellion (1620-1622).


Campagnes de Louis XIII dans le Midi (1621-1622)
En 1617, le roi Louis XIII évince sa mère Marie de Médicis et exerce personnellement le pouvoir royal. L'une de ses premières décisions est de rendre le libre exercice du culte catholique à tout le Béarn passé à la Réforme protestante sous Jeanne d'Albret.
Cette décision prévue par l'édit de Nantes mais non appliquée par Henri IV puis la régente Marie de Médicis déclenche un mouvement de résistance au nom de la « cause réformée », et en juin 1620, Louis XIII, lassé par les atermoiements du parlement, décide de marcher sur le Béarn afin d'imposer l'exécution de son édit de 1617.
L'émotion des Réformés est immense.
Les huguenots se réunissent à La Rochelle le 25 décembre 1620. Lors de cette assemblée générale huguenote à La Rochelle, la décision a été prise de résister par la force à la menace royale et d'établir un « État dans l'État ».
La République protestante fut partagée en 8 cercles ayant chacun son conseil provincial, ses finances, son armée et son chef militaire, sous la direction, générale, du duc de Rohan. Quelques provinces refusèrent leur concours et il y eut d'importantes défections parmi les grands seigneurs.
La Trémoille ne voulut pas soulever l'Angoumois, Lesdiguières maintint le Dauphiné hors du conflit tout comme Guise avec la Provence et Gaspard de Coligny qui se cantonne à Aigues-Mortes. Mais la rébellion trouve des partisans exaltés comme à Montauban, Bergerac, Nîmes, Uzès et La Rochelle la Genêve française. Les Protestants reprennent donc la lutte aux côtés de leurs coreligionnaires, affaiblis et uniquement dans tout le Sud-Ouest, défendant Montauban contre Louis XIII.
En 1621, le roi de France prend la place protestante de Saumur ainsi que la cité de Saint-Jean-d'Angély puis soumet la Guyenne, prend Clairac, dont il massacre la population, puis met le siège devant Montauban.
Après 3 mois de siège, et avoir perdu près de la moitié de son armée, il lève le siège.
En 1622, en dépit des troupes royales commandées par le duc d'Epernon, Saint-Luc et La Rochefoucault, Benjamin de Soubise avait soulevé le pays nantais, fortifié l'île d'Oléron, pris Saujon, la tour de Mornac, Royan, Blaye, le Médoc, le château de Chaume et occupé les Sables-d'Olonne.
Les protestants ayant causé en bas-Poitou une telle épouvante, le roi Louis XIII quitte Paris le 20 mars 1622, avec sa Maison et ses Gardes, composés des Cent-Suisses, les cent Gentilshommes à bec de corbin, les Gardes de la porte, gardes de la manche, de la prévôté de l'hôtel 5 compagnies à cheval de Gardes du corps, 1 française et 3 écossaises de 336 gardes chacune, et descend la Loire d'Orléans à Nantes où il débarque le 10 avril.
Ayant appris que le duc de Soubise avait pris position au nord des Sables-d'Olonne, dans l'île de Riez, avec 7 000 hommes, 700 chevaux et 7 canons, il réunit, le 13 avril, son armée royale à Legé, au sud de Nantes et décide de marcher contre les forces huguenotes qu'il extermine le 16 avril.

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MessagePosté le: Jeu 27 Oct - 20:21 (2016)    Sujet du message: Contexte politique. Répondre en citant

Le bas-Poitou étant désormais vidé de tous les huguenots, mais ils restaient toutefois en rébellion de La Rochelle à Aigues-Mortes et dans le Midi.
Le Roi ne voulant rentrer à Paris qu'après avoir pacifié son royaume, il résolut d'entreprendre le voyage. Il garda le commandement de sa petite armée et fit 294 lieues, qui le mèneront de Nantes à Montpellier. Après 2 jours de repos, l'armée royale se dirige, le 19 avril, vers Niort, par Aizenay, La Roche-sur-Yon, Sainte-Hermine et Fontenay-le-Comte où il arrive le 23 avril. Il en part le 27 pour assiéger Royan qui fermait à ses vaisseaux l'entrée de la Gironde. Il fait étape à Chizé, Saint-Jean-d'Angély, Saintes où il reste deux jours, Saujon et arrive à Royan qui est investie le 4 mai et prise le 11.

Avant de passer de Saintonge, en Guyenne, le Roi voulut arrêter les incursions des Rochelais, au moins sur la terre ferme. Il confia le blocus de La Rochelle à son cousin Louis, comte de Soissons, qu'il fit général de l'armée d'Aunis lui adjoignant le maréchal de Vitry pour lieutenant général et du Bourg-l'Espinasse, Vignolles et la Ferté-Senneterre pour maréchaux de camp.
Les troupes comprenaient 600 chevau-légers et carabins sous le commandement du marquis de Nesle et 8 000 fantassins dont le régiment de Champagne commandé par Pierre de La Mothe-Arnaud dit Arnaud du Fort.

Louis XIII continue, de son côté, sa marche en direction du Languedoc où Montmorency luttait à grand peine contre Henri de Rohan
malgré la prise du château de Faugères. Ayant ramené ses troupes à Frontignan et Villeneuve-lès-Maguelone Montmorency constitua avec le comte de Châtillon un corps d'armée qui leur permirent de prendre le 7 avril Cournonsec. Alors que l'armée royale languedocienne réduite à 600 cavaliers, y compris la Maison du Roi, les régiments des Gardes-françaises, des Gardes-suisses, Picardie, Navarre et Piémont avec 7 canons ou couleuvrines, les troupes protestantes avaient pris, en février et mars, plusieurs places fortes catholiques comme les châteaux de Montlaur, de de Beaulieu, de Castries, de Sommières.
L'armée du roi part donc de Royan le 16 mai et couche à Mortagne.
Le 17, elle couche à Mirambeau, séjourne les 18 et 19 à Montlieu, arrive à Saint-Aulaye le 20, à Guitres le 21, à Saint-Émilion le 22, Castillon le 23 et Sainte-Foy-la-Grande le 25 mai que Jacques Nompar de Caumont, duc de La Force, voulut défendre

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MessagePosté le: Jeu 27 Oct - 20:29 (2016)    Sujet du message: Contexte politique. Répondre en citant

Pendant ce temps le duc Henry de Montmorency, gouverneur du Languedoc, avait investi Montpellier dans l'espoir d'en ouvrir les portes au Roi.
Mais Henri de Rohan y avait envoyé en renfort l'élite de ses montagnards et continuait à lever des troupes dans les Cévennes pour la secourir si l'armée royale venait à se joindre à celle de Montmorency. Tel était le projet de Louis XIII, qui avait toutefois laissé Vendôme avec 8 000 fantassins et 600 cavaliers devant Montauban pour assurer sa retraite en cas d’insuccès. Ayant appris que les capitaines protestants levaient des troupes dans les 5 provinces confédérées, c'est-à-dire le haut et le bas Languedoc, les Cévennes, le Vivarais et le Dauphiné, le maréchal de Praslin, avec les régiments de Picardie et de Navarre et 9 canons, alla prendre, le 21 juillet, Bédarieux pour barrer la route à cette armée. Pendant ce temps le Roi, avec sa Maison et ses Gardes, se montrait à Carcassonne, Lézignan et Narbonne avant de faire son entrée à Béziers le 18 juillet.
Le 2 août, le maréchal de Praslin met le siège devant Lunel pendant que Montmorency investit Massillargues. Cette dernière place assiégée par 5 régiments, renforcés de Normandie, 6 canons et 1 couleuvrine, se rendit le même jour. Le siège de Lunel fut moins rapide ; malgré le renfort de 830 Cévenols, Lunel capitule le 7 août devant 3 000 fantassins, 300 cavaliers d'élite et 2 couleuvrines sous les ordres du prince de Condé. Après avoir laissé, dans la place, 6 compagnies sous le commandement du colonel de légion Jean de La Croix, baron de Castries, les troupes royales se réunissent le 12 août devant Sommières et lui donnent l'assaut le 17, Picardie avec Roger du Plessis-Liancourt, son mestre de camp, en tête.
Le 22 août, assiégé par Louis XIII, Gaspard, duc de Châtillon, livre Aigues-Mortes sans combat, qui le remercie en lui donnant 50 000 livres tournois et le bâton de maréchal. Dans le même temps le maréchal Lesdiguières, converti au catholicisme, répondit de la soumission du Dauphiné, dont il était gouverneur, et reçut en remerciement le collier du Saint-Esprit et l'épée de connétable de France.
Il ne restait plus pour pacifier la région qu'à prendre Montpellier qui fut assiégée à partir du 31 août par une armée royale, de moins de 10 000 hommes, « harassée et rompue par tant de marches de combats et de travaux ».
Les combats et bombardements firent rage, Louis XIII reçut des renforts du duc de Vendôme et de Lesdiguières.
Le 7 octobre, avec plus de 20 000 hommes, les troupes royales, pouvaient réduire la cité rebelle. Mais ayant jugé qu'assez de sang français avait été versé, Louis XIII charge le nouveau converti, Lesdiguières, de négocier la paix avec Henri de Rohan, qui vient, le 10 octobre, s'agenouiller devant Louis XIII et demander pardon d'avoir porté les armes contre lui.
Le 20 octobre, le roi fait son entrée à Montpellier, précédé par ses compagnies de carabins et de chevau-légers, entouré des grands seigneurs et de sa cour, et suivi de sa gendarmerie.
En échange du gouvernement du Poitou, Henri de Rohan, reçut ceux de Nîmes et d'Uzès ainsi que 600 000 livres tournois. Le traité signé à Montpeliier indiquait également que l'Édit de Nantes est rétabli, l'égalité des cultes reconnue. Mais les protestants ne gardaient plus comme place de sureté que La Rochelle et Montauban, que le roi n'avait pas réussi à prendre. Ils devaient raser les fortifications de leurs autres villes et les assemblées générales, cercles et synodes leur étaient désormais interdits.

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MessagePosté le: Sam 29 Oct - 09:42 (2016)    Sujet du message: Contexte politique. Répondre en citant

Merci Messire pour ces pages d'histoires fortes intéressantes.
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MessagePosté le: Sam 29 Oct - 16:17 (2016)    Sujet du message: Contexte politique. Répondre en citant


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MessagePosté le: Lun 14 Nov - 18:45 (2016)    Sujet du message: Contexte politique. Répondre en citant



Le siège de Royan
a été réalisée par le roi Louis XIII, en 1622, contre le bastion protestant de Royan, dans le cadre des rébellions huguenotes.



Après le massacre des troupes huguenotes à Riez, l'armée royale se dirige, le 19 avril, vers Niort, par Aizenay, La Roche-sur-Yon, Sainte-Hermine et Fontenay-le-Comte ou il arrive le 23 avril. Il en part le 27 pour assiéger Royan qui fermait à ses vaisseaux l'entrée de la Gironde.
Il fait étape à Chizé, Saint-Jean-d'Angély, Saintes, où il reste deux jours, Saujon et arrive à Royan qui est investie le 4 mai.

Après avoir investi la ville le 4 mai, Louis XIII établit son quartier général au Chastelar près de Vaux-sur-Mer.
Sur les conseils de Pompeo Targone, un italien, intendant des ingénieurs de France il forme 2 attaques :
. Celle de droite appuyé à la mer se compose des Gardes françaises sous les ordres du marécha Praslin, secondé par le marquis de Bassompierre.
. Celle de gauche composée de Picardie est sous les ordres du maréchal de Vitry, assisté de Sennecey, Marillac et Jean de Biron.
16 vaisseaux huguenots venus de La Rochelle ouvrent le feu sur les tranchées d'approches des assaillants sans parvenir à freiner leur cheminement.
Une mine, construite par les assiégés, éclate au milieu de Picardie causant de grandes pertes. Une autre, contenant 600 livres de poudre, est éventée par hasard.
Le 11 mai, après une attaque, les hommes régiment des Gardes françaises finissent par descendre dans le fossé, les royannais décident alors de se rendre.
Les défenseurs obtiennent le droit de retirer à La Rochelle avec armes et bagages, mais sans les canons et leurs munitions.
Avant de passer de Saintonge, en Guyenne, le Roi voulut arrêter les incursions des rochelais, au moins sur la terre ferme.
Il confia le blocus de La Rochelle à son cousin Louis, comte de Soissons, qu'il fit général de l'armée d'Aunis.

Isaac du Raynier, seigneur de Droué, capitaine des Gardes françaises, est laissé comme gouverneur avec sa compagnie de 200 hommes et Louis XIII continue, alors, sa marche en direction du Languedoc où Montmorency luttait à grand-peine contre Henri de Rohan

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MessagePosté le: Lun 14 Nov - 18:58 (2016)    Sujet du message: Contexte politique. Répondre en citant



Le blocus de La Rochelle eut lieu en 1621-1622 lors de la répression de la première des révoltes huguenotes par Louis XIII.

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MessagePosté le: Lun 14 Nov - 19:05 (2016)    Sujet du message: Contexte politique. Répondre en citant

Description de la place de La Rochelle en 1622.

 Construite à l'extrémité d'un chenal, orienté du sud-ouest au nord-ouest d'une largeur de 740 toises et de plus d'une lieue de longueur la place pouvait être ravitaillée et secourue par la mer.
La première enceinte garnie de tours demi-circulaires, de donjons crénelés, de 5 portes bien remparées, était entourée d'un large fossé, alimenté par la mer, flanqué de bastions à oreillons et de ravelins, entourés eux-mêmes de fossés, que des glacis et des chemins couverts protégeaient.
La ville du Moyen Âge et de la Renaissance ainsi que le port de guerre y étaient enserrés. La muraille s'appuyait au chenal, sur un front de 600 toises. Au milieu s'ouvrait la porte de la mer, barrée par une chaîne de fer et défendue par 2 grosses tours. 2 forts bastionnés couvraient, à l'est la porte Saint-Nicolas et à l'ouest la porte des Deux-Moulins. L'enceinte était un trapèze de 2 000 toises, dont le côté est se creusait en courtine.
En avant de cette courtine, et sur une longueur de 650 toises, un front bastionné, d'après la méthode de Jean Errard de Bar-le-Duc, formait entre les portes Saint-Nicolas et de Congne, une seconde enceinte, qui couvrait la ville neuve, en ménageant de vastes places d'armes pour le rassemblement et les exercices des 30 000 bourgeois, soldats ou matelots, prêts à mourir pour leur religion et leur indépendance.
L'hôtel de ville, le marché couvert, les temples, les églises... étaient autant de réduits pour la défense pied à pied. Les faubourgs Saint-Éloi et de Colombier formaient les avancées de la place, que des marais impraticables entouraient.
Le promontoire de Chef-de-baie donnait accès dans le chenal, au sud-ouest, du côté de la haute-mer.
La pointe de Coureuil lui faisait face, à l'extrémité sur l'autre rive. Les assiégeants pouvaient fermer l'accès au canal en s'établissant sur ces deux positions. 

Le blocus de 1621.


En juin 1621, Louis XIII assiégea et prit la ville de Saint-Jean-d'Angély, point stratégique pour contrôler les abords de la forteresse huguenote qu'était La Rochelle. Sur mer, les efforts de la marine royale restèrent inefficaces, du fait que de nombreux petits navires pouvaient facilement passer entre ceux de la Marine royale et qu'en général c'étaient les huguenots qui avaient la maîtrise de la mer. À un moment donné, ils attaquèrent le port de Brouage et essayèrent de le bloquer en coulant à son entrée des navires remplis de pierres5. Ne pouvant entreprendre un siège de cette importance, que par terre et par mer, le Roi n'ayant pas de flotte de guerre suffisante, ajourna l'entreprise. Il envoya toutefois une petite armée, sous les ordres duc d'Épernon, pour bloquer La Rochelle.
Le 7 août 1621, le colonel-général se présente avec le régiment de Castel-Bayard et prend ses quartiers à la Jarrie. Pendant ce temps Louis XIII prit la décision de se porter vers le sud avec le gros de ses troupes en soumettant la Guyenne, en assiégeant Clairac sur le Lot, du 23 juillet au 4 août puis en assiégeant Montauban.
En août, l'armateur Jean Guitton est nommé par le Conseil de la Ville amiral de la flotte de La Rochelle, avec 16 unités et 90 canons.
La flotte de La Rochelle sous ses ordres opéra au moins quatre sorties contre la flotte royale, commandée par le comte de Soissons, le duc de Guise, M. de Saint-Luc et Isaac de Razilly, et non sans succès. En octobre, Razilly, à la tête d'une flotte française de 13 navires avec 124 canons, stationna au large dans le Pertuis Breton, mais le 6 octobre, en deux rencontres, Jean Guiton réussit à les contraindre à la retraite avant de réussir aussi à se rendre maître de l'île d'Oléron.
Le 6 novembre, Jean Guiton attaqua Brouage, où étaient stationnés 25 navires du roi, et il bloqua l'entrée du port en y coulant des navires.

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MessagePosté le: Lun 14 Nov - 19:11 (2016)    Sujet du message: Contexte politique. Répondre en citant

Le blocus de 1622.

Les huguenots essuyèrent cependant un échec quand Soubise fut vaincu par les troupes royales aux marais de Riez le 16 avril 1622.
Le bas-Poitou était désormais vidé de tous les huguenots, mais ils restaient toutefois en rébellion de La Rochelle à Aigues-Mortes et dans le Midi.
Louis XIII résolut d'entreprendre la pacification de son royaume.
Le 19 avril il part pour assiéger Royan qui fermait à ses vaisseaux l'entrée de la Gironde, y arrive le 4 mai et prend la ville le 11. Avant de passer de Saintonge en Guyenne, le Roi voulut arrêter les incursions des Rochelais, au moins sur la terre ferme. Il confia le blocus de La Rochelle à son cousin Louis comte de Soissons qu'il fit général de l'armée d'Aunis lui adjoignant le maréchal de Vitry pour lieutenant général et du Bourg-l'Espinasse, Vignolles et la Ferté-Senneterre pour maréchaux de camp. Les troupes comprenaient 600 chevau-légers et carabins sous le commandement du marquis de Nesle et 8 000 fantassins dont le régiment de Champagne commandé par Pierre de La Mothe-Arnaud dit Arnaud du Fort.
Le comte de Soissons fait immédiatement commencer, à bonne portée de l'entrée du port et sur un monticule par le régiment de Champagne, une redoute armée de canons et établit le reste de ses forces entre la ville et la mer du village de Laleu au faubourg de Colombier. Il voulait ainsi s'opposer au débarquement de secours et se tenir en relation avec les escadres royales de Razilly et de Saint-Luc qui croisaient entre les embouchures de la Loire et de la Gironde afin de défendre la côte contre les entreprises de Jean Guiton et ses 39 navires. Alors que Champagne travaillait aux terrassements de la redoute, qui deviendra fort Louis, un vaisseau protestant s'échoua et le régiment courut à marée basse avec 400 hommes et y mit le feu. Pendant ce temps, Pompeo Targone, un Italien intendant des ingénieurs de France, chargé de préparer l'investissement de La Rochelle, résolut d'en fermer le port. Il invente à cette intention, une estacade mobile, une chaîne de fer fixée sur 4 pieux, une batterie flottante et d'autres machines.
Toutefois au premier coup de mer, la chaîne fut brisée, la batterie coulée et les machines détruites.
Une autre rencontre importante fut la bataille navale de Saint-Martin-de-Ré en octobre 1622. Comme le conflit s'éternisait, cependant, le roi et les huguenots acceptèrent en 1622 le traité de Montpellier qui maintenait les privilèges des huguenots.
Bien que La Rochelle eût exigé la destruction de Fort Louis, Louis XIII temporisa et réussit à le maintenir.
Cette menace constante sur la ville devait contribuer à encourager les conflits ultérieurs, en particulier la reprise de l'île de Ré (en) par les troupes royales en 1625, et le Siège de La Rochelle de 1627-1628.

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MessagePosté le: Mer 16 Nov - 09:32 (2016)    Sujet du message: Contexte politique. Répondre en citant

Merci Messire pour cette suite intéressante, si ma mémoire est bonne, il y a eu plusieurs sièges de La Rochelle.
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MessagePosté le: Jeu 17 Nov - 23:21 (2016)    Sujet du message: Contexte politique. Répondre en citant

Cathy a écrit:
Merci Messire pour cette suite intéressante, si ma mémoire est bonne, il y a eu plusieurs sièges de La Rochelle.


Effectivement Cathy, le dernier en 1628 qui verra la chute de La Rochelle.
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MessagePosté le: Dim 20 Nov - 15:43 (2016)    Sujet du message: Contexte politique. Répondre en citant


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MessagePosté le: Lun 21 Nov - 09:02 (2016)    Sujet du message: Contexte politique. Répondre en citant

Le Siège de Sainte-Foy a été réalisé par le roi Louis XIII, en 1622, pour pacifier son royaume lors des rébellions huguenotes.

Après avoir pris Royan le 11 mai 1622, Louis XIII confie le blocus de La Rochelle à son cousin Louis, comte de Soissons, pendant qu'il continue, de son côté, sa marche en direction du Languedoc où Montmorency luttait à grand-peine contre Henri de Rohan.
L'armée du roi partie de Royan le 16 mai et passant par Mortagne, Mirambeau, Montlieu, Saint-Aulaye, Guitres, Saint-Émilion, Castillon arrive le 25 mai devant Sainte-Foy-la-Grande, défendue par Jacques Nompar de Caumont, duc de La Force.
Il est dit  : « Sainte-Foy n'était qu'une bicoque » c'est-à-dire une petite place forte de peu d’importance, de peu de défense et en mauvais état. Le Charles, duc d'Elbeuf, fait avancer son infanterie près de la ville. Après négociation avec Antoine de Loménie de La Ville-aux-Clercs, le duc de La Force décide de rendre Sainte-Foy sans combat en échange de 20 000 écus pour compensation de son Gouvernement du Béarn, de la charge de capitaine des Gardes et du bâton de maréchal.

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MessagePosté le: Mer 23 Nov - 10:25 (2016)    Sujet du message: Contexte politique. Répondre en citant

Le siège de Montpellier est le siège de la place-forte protestante de Montpellier par l'armée royale de Louis XIII qui dura de fin août au 19 octobre 1622.
C'est un des principaux événements de la 1re rébellion protestante du début du XVIIe siècle.

L'investissement et la préparation du siège.


Les premières troupes sous le commandement du duc Henry de Montmorency, gouverneur du Languedoc, se présentèrent devant la ville en juillet 1622 dans l'espoir d'en ouvrir les portes au Roi.
Des pourparlers s'engagent à Lavérune pour la reddition de la place, mais, suivant l'avis du prince de Condé et de Bassompierre, il préféra l'assiéger.
Mais Henri de Rohan y avait envoyé en renfort l'élite de ses montagnards et continuait à lever des troupes dans les Cévennes pour la secourir si l'armée royale venait à se joindre à celle de Montmorency.
Le 2 août, le maréchal de Praslin, met le siège devant Lunel pendant que Henri de Montmorency investit Massillargues.
Cette dernière place assiégée par 5 régiments, renforcés de Normandie, 6 canons et 1 couleuvrine, se rendit le même jour.
Le siège de Lunel fut moins rapide ; malgré le renfort de 830 Cévenols, Lunel capitule le 7 août devant 3 000 fantassins, 300 cavaliers d'élite et 2 couleuvrines sous les ordres du prince de Condé. Après avoir laissé, dans la place, 6 compagnies sous le commandement du colonel de légion Jean de La Croix, baron de Castries, les troupes royales se réunissent le 12 août devant Sommières et lui donnent l'assaut le 17, Picardie avec Roger du Plessis-Liancourt, son mestre de camp, en tête.
Le 22 août, assiégé par Louis XIII, Gaspard, duc de Châtillon, livre Aigues-Mortes sans combat qui le remercie en lui donnant 50 000 livres tournois et le bâton de maréchal.
Dans le même temps le maréchal Lesdiguières, converti au catholicisme, répondit de la soumission du Dauphiné, dont il était gouverneur, et reçu en remerciement le collier du Saint-Esprit et l'épée de connétable de France.
Le 22 août par l'entremise du maréchal Lesdiguières un traité est signé entre le duc Henri de Rohan, meneur de la rébellion huguenote, et Louis XIII.
Le lendemain, les habitants de Montpellier, refusèrent d'ouvrir leurs portes à l'armée royale, craignant des déprédations de la part du prince Henri de Condé.
Ils imposèrent au roi des conditions humiliantes si celui-ci voulait s'introduire dans la cité.
Il ne restait plus pour pacifier la région qu'à prendre Montpellier qui est assiégée à partir du 31 août par une armée royale, de moins de 10 000 hommes, « harassée et rompue par tant de marches de combats et de travaux », dont le commandement fut donné à Condé, Louis XIII ayant démis Lesdiguières de ses fonctions, outragé par le refus et les exigences des Montpelliérains.

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« En politique, il faut suivre le droit chemin ; on est sûr de n'y rencontrer personne »
Otto von Bismarck.


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